L’antagonisme du rêve est la réalité, le pragmatisme. Qui peut se vanter d’être déjà retombé sur Terre avec le Milan ? Surement pas moi, car Milan n’est pas un club comme les autres. Il a cette faculté d’emprise sur nos sentiments les plus forts, et ce n’est pas tel ou tel incident éphémères qui fera évoluer cet encrage dans nos cœurs. Capable de nous faire avoir la chair de poule en revoyant des images datant d’il y a cinq, dix, quinze ans ou plus, ce club est notre religion, notre sensibilité, notre reflet, notre nous. Milan concentre les espoirs, les attentes, les craintes, les joies de tout un peuple qui attend chaque instant pour s’envoler au septième ciel, pour rêver. Ces couleurs ont transpercé les frontières du réel et sont venues nous frapper en pleine poitrine. Si vos yeux commencent à se mouiller en lisant ces quelques modestes lignes, rassurez-vous, vous pleurerez tôt ou tard devant cette institution qui nous berce de ses douces mélodies, mais également si violentes par moment. Milan, c’est une hypnose permanente, dont nous ne voulons pas nous extraire. L’équipe milanaise, tantôt vive, tantôt puissante, tantôt poussée par une élaboration collective, tantôt enflammée par un exploit individuel, tantôt logique, tantôt irrationnelle, est toujours portée, quelles que soient les circonstances, vers le rassemblement. C’est ce qui fait sa force et nourrit son crédit. En même temps, elle s’amuse et s’enivre, à la fois enfant affranchi et adulte réfléchi. Et devant elle, il nous arrive parfois de rêver tout éveillé.
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