| Boban : "Bravo au Milan, mais la finale est loin" | ||||
|
![]() Le roi de l’anti-langue de bois est de retour ! Zvonimir Boban a repondu à « la Stampa » pour confier ses impressions sur ce Milan qui a des hauts et des bas avant et après sa victoire face au Real !
Zvonimir Boban, peut-on parler de logique dans le football ? Le Milan de Van Basten n'a jamais gagné au Bernabeu, le Milan de Dida oui. "Le football est vraiment magnifique pour cela. Il y a Milan et Milan. Et, il y a naturellement Real et Real".
Commençons par le Milan : vous vous attendiez à un tel résultat ? "Pas vraiment pour être sincère. Et la première mi-temps avait confirmé mes doutes. Une équipe lente, éteinte, en difficulté évidente. L'étincelle a été le but de Pirlo. Comme si l'histoire eût donné un coup de coude aux mauvaises langues : dehors le vieux Milan, encore là le vieux Milan."
Puis vint l’heure de gloire ? "Oui, malgré les carences d'autrui, là on peut le dire. J'ai revu l'envie de gagner et une vraie personnalité que depuis des mois je ne remarquais plus dans les yeux et dans les têtes des milanisti."
Le Real ? "Un désastre. Déjà en premiere mi-temps, et encore plus en seconde. J'imagine que le Milan s'attendait à affronter des monstres, c’est d’ailleurs pourquoi j’etais si circonspect au départ. Je dirai aussi que je n’ai rien compris de la philosophie de Pellegrini ."
Kakà ? "Mauvais. Il n’a plus le rythme, il a perdu ses accélérations qui lui avaient permis de remporter le Ballon d'or." Qui est le meilleur : Kakà contre le Milan ou Ibrahimovic contre l'Inter ? "Je prends l'Ibra de San Siro. Je comprends le point de vue émotif, je comprends que cela puisse être dur d’être incisif contre des anciens : Ibra s'integre mieux ». L'absence de Cristiano Ronaldo a-t-elle influé ? "Beaucoup. Je ne voudrais pas, cependant, diminuer les mérites du Milan." Et maintenant ? "Il faut repartir de la deuxième temps du Bernabeu. Se réapproprier une idée qu'à Milanello ils avaient perdu : celle de la continuité. Je le répète : cela faisait un bout de temps que je ne n’avais pas vu un Milan si compact, si heureux de souffrir." Face à la Roma, l'équipe avait déjà changé. "Dimanche dernier, avec tout le respect pour l’adversaire, il a suffi de quelques actions. Avec le Real, même avec "ce" Real, il a fallu une demi-heure du vrai Milan, et une heure de Milan". Les journaux espagnols ont été durs : As Roma, Juventus, Milan, trois matchs, trois défaites. Pauvres Galactiques. "Le Real, s'il veut, sait être très arrogant. Il pense avoir inventé le football. Voilà le résultat." Leonardo s'était engagé dans une voie inconnue. "Content pour lui, mais nous ne sommes qu’aux débuts. Rappelons-nous toujours que nous sommes en train de parler du Milan. Le problème est la continuité. Je souhaite que Leonardo sache cultiver la force de l'orgueil pour fédérer le groupe. Gagner au Bernabeu est une gratification mais il faut gagner en championnat aussi, là où les projecteurs sont éteints." Les notations dans la presse de Ronaldinho vont de quatre à sept. Nous lui avons donné cinq. Vous lui auriez donné combien ? "Entre cinq et demi et six. Pas plus. Il donne la balle aux autres, le Milan était comme s’il jouait à dix. Balle au pied, j’ai souvenir d’un centre, quelque tentatives de dribbles. Tentatives notez. A la mi-temps, Dinho a fourni une contribution moins vague mais cela ne change pas mon jugement. J’ai cherché Ronaldinho au milieu je ne l'ai pas vu." Pato, par contre ? "Il est extraordinaire. À 20 ans, il disparaît des radars et soudain il émerge. Deux buts au Bernabeu. La classe à l’état pure. J’ai aussi aimé les défenseurs toujours prêt à attendre Kakà. En général : tous ont tout donné. » Pourquoi le Milan renaît en Coupe d’Europe et l'Inter y disparaît encore ? "L'Inter peine à créer de la supériorité numérique, il lui manque un talent au milieu de terrain. Prenez Sneijder. En phase d'attaque, c’est un plus; en phase de repli, un en moins. En Champions League, les équipes sont plus rapide en moyenne. Dans ce cas spécifique, l'Inter était fatigué." Surpris du ko du Barça et de la crise de Liverpool? "Jusqu'à un certain point. À ces rythmes, les chutes sont physiologiques. La phase de poule offre une marge ample pour se refaire. Si un grand a eu un coup de moins, il sait quand réagir." Terminons sur le Milan : dans sa "folie", peut-il revenir à Madrid pour la finale ? "Quand on gagne face au Real à domicile ça fait monter le capital confiance et la dernière demi-heure du Milan a été couverte d'applaudissements. Ceci dit je pense que les favoris sont plutôt Chelsea , Manchester United, Barcelone et le Real, s'il change d’adresse. Un slogan qui résume le Milan pourrait être celui-ci : bien mais pas encore en finale. A moins que Pato... ." Commentaires (1)
![]() Ecrivez un commentaire
|
|||
| Mis à jour ( Vendredi, 23 Octobre 2009 19:20 ) | |||






