| Leonardo : "Des relations trop intenses avec le Milan" | ||||
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Leonardo était l’invité de l’émission de télévision ‘Sky Mondiale Show’ hier. Il s’agissait là de ses premières déclarations depuis qu’il a quitté le banc rossonero. Ainsi, on y apprend qu’il se rend disponible pour remplacer Dunga à la tête de la sélection brésilienne comme de nombreux médias l’affirment actuellement. Voici l’intégralité des dires du brésilien en exclusivité française sur ACMilan-Zone.fr Leonardo, comment juges-tu le Mondial du Brésil ? « Je ne crois pas que le Brésil a raté sa Coupe du Monde comme j’entends ça et là. Dans la phase de poules, il a remporté ses deux premiers matchs en jouant très bien et a fait match nul 0-0 contre le Portugal dans la partie décisive pour la première place du groupe. Puis la Seleçao a facilement gagné et largement contre le Chili, tout en faisant une très grosse première mi-temps face aux Pays-Bas, en dominant l’ensemble de la partie, mais en ne marquant qu’un seul but. Le seul point négatif que je voudrais reprocher au Brésil, c’est de n’avoir pas su gérer quelques minutes délicates. Effectivement, après qu’ils se soient fait égaliser à cause d'une erreur défensive entre Julio Cesar et Felipe Melo ça a été toute une autre rencontre. Et après le second but hollandais, le Brésil n’a pas pu réagir. Et Melo s’est fait exclu, ce qui a rendu la chose encore plus compliquée. Plus généralement on va dire que ce ne fut pas un Brésil très brillant, mais c’était une équipe très compétitive, dans le sens que c’était une équipe bien carrée qui pouvait gagner. Le Brésil a d’ailleurs perdu un seul match… qu’il pouvait pourtant remporter ». Cependant, les grandes équipes montrent dans les moments compliqués avoir des ressources. Pourquoi ce ne fut pas le cas ici ? « Les rencontres sont souvent difficiles à gérer. Le Brésil se sentait sûrement très supérieur face à son adversaire du jour, car il gagnait 1-0 et continuait de dominer. Mais lorsque les Pays-Bas ont égalisé, sur un gros coup de chance disons-le, tout a changé. Mais de toute façon, le Brésil a quand même montré avoir des joueurs très mûrs et une défense qui a du caractère ». Tous mûrs, sauf un : Felipe Melo ? « Ca me déçoit beaucoup car ce n’est pas la première fois que ça lui arrive. Et c’est dans ce domaine qu’il doit progresser car il a perdu une nouvelle fois son contrôle ». On a qualifié toute la saison d'un Milan « brésilien », pourtant le Brésil était peu « milanista » en Afrique du Sud. Certaines non-sélections ne t’ont pas surpris ? « C’est difficile de vous répondre car j’ai un parti pris. Avec eux (ndlr : Ronaldinho, Pato, Thiago Silva) j'ai un rapport direct. Durant toute la saison passée, on était tous très proches, et non pas parce qu’ils sont brésiliens, mais simplement car ils étaient des joueurs importants à mes yeux. L’exclusion de Ronnie ? C’est dommage, il s’est racheté personnellement, et en premier lieu en tant que joueur. Je crois que le truc le plus beau à mes yeux, c’est de l’avoir vu revenir à un certain niveau, aussi car dans sa vie, il devait en même temps réorganiser plusieurs affaires personnelles ». La récupération de Ronaldinho a été ton « demi-miracle » ? « Je ne crois pas que ça a été un miracle. Ca a été une question de relations, facilitées du fait qu’il soit un brésilien et que je connaissais bien toute sa carrière. En étant en contacts avec lui tous les jours et en lui indiquant ce qu'il devait faire, je l’ai sûrement beaucoup aidé oui. Mais lui aussi m’a énormément aidé en échange en trouvant la clé lors d’un sacré paquet de matchs. Je crois qu’on s’est rendu mutuellement ce que l’un a apporté à l’autre ». Sais-tu que ton nom est parmi les plus cotés pour prendre la succession de Dunga à la tête du Brésil ? « Sincèrement, je n’en sais rien. Je n'ai jamais parlé avec la Fédération brésilienne. Les seuls trucs à ma connaissance sont toutes ces informations qui sortent dans la presse. Je crois que pour le moment, le Brésil traverse une période délicate, avec une élimination prématurée et inattendue pour tout le monde. La sélection va devoir se préparer rapidement aux années très importantes qui arrivent car le Brésil recevra la phase finale d'un Mondial en 2014, 64 ans après. Il faut retrouver un élan, et plein d’autres choses encore. Peut-être qu’il faudra recoudre certains morceaux comme des valeurs afin d’organiser cette évènement que tout le monde attend avec bonheur. Je ne sais pas de quoi l’avenir est fait. Je crois que « mon histoire » avec le Brésil, j’entends par là tous ceux qui m’envoient sur le banc de la Seleçao, c’est un peu confus et tout est confondu, c’est ça la vérité. Ma carrière se résume notamment à tout l’aspect managérial dans une direction, c’est ça qui me plait beaucoup et que je veux toujours faire. L’an passé, oui, j’ai été entraineur et cela a peut-être rendu un peu confus mon profil aux yeux des gens. Mais le poste d’entraineur est un virus très dangereux. Le Milan m'a donné l'opportunité extraordinaire de pouvoir réaliser ces deux choses (ndlr : dirigeant (recruteur) puis entraineur). Je pense qu’aujourd’hui, le rôle de l'entraîneur doit doucement évoluer et changer. Donner l’ensemble d’un projet sportif à une seule personne, ce ne doit pas être la bonne organisation. Il faut un organigramme beaucoup plus vaste, quelque chose qui tranche avec l’idée actuelle de l’entraineur au Brésil. Il faut un vrai projet pour la Seleçao. Et puis nous sommes tellement nombreux à pouvoir entraineur la sélection que… Vous avez compris ». Est-ce qu’on peut dire non au Brésil ? « C’est une bonne question !! Je ne sais pas si on peut dire non ou s’il faut tout le temps dire oui, ce que je sais en tout cas, c’est qu'il faut construire un projet, un vrai. Il faudra pas mal de personnes afin qu’on soit attentif au moindre détail. Il faut donner à ces personnes des tâches précises et penser à un rôle, un poste dirons-nous, pour chaque chose. Le Brésil a besoin d’un tas de trucs d’ici 2014, car pour organiser un Mondial et construire en même temps une équipe qui joue dans un style brésilien, plaisant à tout le monde, il y a toute une série de choses et d’aspects sur lesquels il faut se pencher. Mais attention, je ne cherche pas à me créer un poste où je pourrai travailler, je cherche juste à rêver. J'ai décidé d'être disponible à tout ce qu’on me proposera. Ce n’est pas le moment pour que j’impose mes choix. Ca fait 20 ans que j’ai quitté le Brésil. Mais en retour, tout ce que j’ai appris en Europe ne peut qu’être bénéfique et ne sera surement pas un problème. Je pense mettre mes capacités à profit. Mais je pense en tout cas vraiment que le Brésil va devoir penser à cette immense opportunité de pouvoir faire évoluer la gestion de son équipe nationale. Il y a des structures très anciennes qui ont besoin d’être rénovées avec de nouvelles idées. Je crois donc fortement au besoin d’une nouvelle gestion. Et c’est pour ça que je me rends disponible. Mais si rien ne se passe de mon côté, je déciderai tranquillement ce que je ferai à l’avenir ». Donc tu donnes ta disponibilité ? « Je la donne parce que c’est la première fois que je parle. Je n'ai pas parlé au Brésil car ça ne me semblait pas le bon moment ». Est-ce que c’est vrai que Moratti t’aurait appelé, et que tu aurais refusé ? « Non, il ne m'a pas appelé. J'ai d’excellentes relations avec lui, j’ai une grande admiration pour lui car il a repris un héritage difficile car faire gagner l’Inter comme actuellement avec l’étiquette qui lui était collée sur le dos, c’était tout sauf quelque chose de facile. D’ailleurs, moi, étant de l’autre côté, à Milan, j’ai essayé de faire un petit peu avec les autres dirigeants, ce qu’a fait Moratti. Il y a un certain parallélisme même si l’on n’a pas connu le même succès. Et puis de toute façon, mon attachement au Milan AC est quelque chose qui va au delà de ça. Je ne pourrais pas travailler dans une équipe d'Italie qui ne soit pas le Milan ». Berlusconi t’a-t-il accompagné dans ce projet que tu as mis en place pour le futur ? « Je crois que Berlusconi veut toujours rêver, et c’est ce qui nous fait lever le matin, ça vaut pour tout le monde. Et pourtant la saison a été dure. Mais je ne peux pas juger mon attachement au Milan par rapport seulement à cette dernière saison, c’est impossible d’oublier les 12 autres années. Et peut-être que tout ce qui s’est passé l’an passé, c’est arrivé justement car il y avait des relations trop intenses, trop fortes, comme un rapport entre un mari et sa femme, entre moi et le Milan. On se connaissait trop, il y avait trop d'amitié, trop de reconnaissance mutuelle. Tout ça devenait trop difficile à gérer pour tous les deux. Mais le Milan trouvera sûrement les solutions afin de repartir de l’avant. Si on regarde les 10 dernières années, on peut dire que ça a été plus que gagnant. On ne peut pas se pencher légitimement et seulement sur les deux dernières saisons, qui furent des saisons compliquées, de transition, avec un mercato européen devenu fou. L'Italie en général traverse une période compliquée. L'Inter a réussi à maintenir la tête hors de l’eau en faisant de gros investissements qui ont rendu l’équipe compétitive en Europe. Mais pour tous les autres, ça n'a pas été facile. Le Milan vit actuellement ça, mais ça, ça ne changera pas le Milan qui trouvera les solutions ». Commentaires (2)
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| Mis à jour ( Jeudi, 08 Juillet 2010 18:33 ) | |||





