| Seedorf : "Allegri est l'homme de la reconstruction" | ||||
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![]() Clarence Seedorf n'est pas le genre de personne qui vit dans le passé. « Il y a largement le temps pour revenir sur tout ce qui a été remporté quand une carrière est finie." Et ce n’est pas le cas de la sienne, le Hollandais regarde vers l’avant. Il a passé un mois en Afrique du Sud comme commentateur et analyste pour la Bbc, il a vécu le Mondial sur et hors du terrain et a eu la confirmation de ce qu’il pense depuis des années : le progrès technologique peut être aussi utile au football.
Jeu défensif, peu de spectacle, ballon contesté, fautes arbitrales : qu'est-ce qui sauverait ce Mondial ?
C.S : "Le public. C’est beau de voir les supporters se mêler sans problèmes. Le jeu m'a par contre assez déçu, même si la faute n'incombe pas aux joueurs mais aux entraîneurs qui ont privilégié une tactique assez défensive. À part le Ghana, l'Argentine, l'Espagne et le Brésil on n’a pas vu grand chose, jusqu'aux huitèmes de finales." Les nouvelles technologies sont réclamées par les professionnels et les supporters, Blatter semble avoir pris conscience du problème. Quelle est votre position sur la vidéo sur le terrain ? " Je le dis depuis des années : le football d'aujourd'hui est trop rapide, trop physique, les frappes sont plus puissantes qu'avant. Il est impossible de tout percevoir, c'est un problème scientifique. Je crois en la bonne foi des arbitres qui sifflent ce qu’ils voient et quand ils le voient, mais il y a certaines choses qu’ils ne voient pas. Il faut l’aide de la technologie pour éviter que les résultats ne soient faussés par des erreurs. Les buts non accordés et certains hors-jeu sont les premiers coupables : rien que pour le hors-jeu, il est difficile parfois de distinguer la ligne. L’ouverture de Blatter sur ce sujet est importante." Une des choses positives du Mondial est qu’il n’y a pas eu d’épisodes de violence liés aux matchs. De quoi cela dépend t-il selon vous ?
"L'organisation de la FIFA a été parfaite, je leur fait mes compliments ainsi qu’à la sécurité sud-africaine. Mes félicitations aussi à la population : les supporters sont ici pour célébrer le football et un Pays, pas pour semer la zizanie." Est-ce que le Mondial peut enseigner quelque chose aux entraîneurs italiens, qui ne connaissent que tensions et reglements de comptes?
"Plus que des coachs, il faut parler des médias. Les épisodes négatifs du Mondial ou des jeux Olympiques ne prennent pas le dessus, en Italie pendant le championnat c’est le contraire. Il faut faire voir les embrassades pas les disputes. Je ne dis pas de ne pas critiquer les équipes et les joueurs, mais alimenter les polémiques ne fait de bien à personne. Les gens se souviennent des épisodes et des erreurs qu'ils ont revu toute la semaine à la tv et il vont au stade empoisonnés." Les Azzurri sortis au premier tour : beaucoup disent que c’est logique, vu que le club dominant en Italie n'a pas de joueurs italiens. Est-ce que l'avenir est vraiment si noir ? "Je crois que c’est la fin d’un cycle avec des joueurs importants, et qu’il faut en construire un nouveau. Mais ceux qui arrivent sont bons. L'Italie n'a pas de problème de relève, les jeunes sont là, même si l'insertion dans les grands clubs doit être traitée avec plus de patience. Balotelli et Giovinco doivent avoir de la place pour grandir. Prandelli saura construire. Quant’ à l'Italie qui a été éliminée, elle a aussi eu de la malchance car elle a fait meilleure figure que l'Angleterre, parce que les joueurs se sont toujours battus." Il y a des équipes et des joueurs, en dehors des grandes stars, que vous appréciez ?
" J’apprécie beaucoup Elia et Giovanni dos Santos. Niveau équipe, je dirais l'Allemagne, mais aussi le Mexique et la Corée du Sud." Bientôt la reprise à Milanello avec un nouveau coach. Un choix hors du sérail familial et certains pensent qui pour un non-milanista ce n’est pas facile d’entrer dans le « monde Milan ». Qu’en pensez vous ?
"Le club a fait un excellent choix et Allegri a déjà notre respect pour ce qu’il a fait avec Cagliari. Ce groupe a montré avec Leonardo ce qu'il peut faire : nous sommes à ses côtés. Allegri a une belle histoire d'entraîneur: il y n'a pas de raisons pour ne pas se conduire avec lui comme avec Leonardo et tâcher de donner encore plus, pour obtenir de meilleurs résultats ». Les moyens pour le mercato manquent, mais Allegri a dit que l'équipe est très bien comme ça. Cela vous semble t-il logique, vu le fossé qui vous sépare de l'Inter, les grands objectifs fixés, ou ne serait-il pas temps de faire comprendre aux supporters qu’un cycle est fini et qu’il faut du temps pour repartir ? "Le Milan ne peut pas s’abstenir de viser haut, mais il faut être réalistes. Allegri va avoir le temps de bâtir l'équipe sans trop de pression. Cela vaut pour la dirigeance mais aussi pour nos supporters : ils ne doivent pas penser que nous devons gagner uniquement parce que l'Inter a tout gagné. Nous devons nous remettre à notre place : je ne dis pas que nous ne pouvons pas gagner, j'arrêterais de jouer demain sinon. Nous avons beaucoup gagné, mais le passé se regarde quand on arrête de jouer. Tous les ans il y a des défis et des objectifs à atteindre. Sur le papier nous ne sommes pas les plus forts, mais cela ne veut rien dire." Au Mondial, vous avez-vous un joueur à conseiller à votre club ?
"Sincèrement au Milan je dirais de s’en tenir à ceux que nous avons. Par exemple, je suis heureux que Thiago Silva soit là, parce que je n’ai pas vu mieux que lui. Nous avons seulement besoin de la chose la plus importante pour construire : l'enthousiasme. Enthousiasme et motivation. Que nous avons et que Allegri nous apportera." Commentaires (1)
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| Mis à jour ( Mardi, 06 Juillet 2010 12:08 ) | |||






