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Tout neuf qu'il se présente à l'entame de la saison 2011/2012. Sa troisième en tant que Capitaine, et ça lui donne certains privilèges, comme celui de pouvoir parler sur la longueur, et de beaucoup de choses, mais aussi le privilège de l'ancienneté qui lui permet de dire certaines choses ouvertement, comme sa critique de Roberto Calderoli, numéro deux du Sénat italien. Place au Capitaine.
Ambrosini, vous êtes arrivé à Milanello il y a 15 saisons de cela. De quoi vous rappelez vous et qu’est ce qui a changé ?
"Je me souviens de tout, surtout le premier impact avec une équipe incroyable. La concurrence a changé : Le Milan de l’époque était vraiment forte, il dominait, maintenant il y a moins de différence avec les autres".
Le Milan a initié sa saison en gagnant la Supercoppa italiana : ça signifie que la nouvelle hiérarchie est déjà établie ?
"Non, un match qui se joue en août ne peut être significatif. L’Inter avait changé son entraîneur vingt jours avant, difficile de les juger sur ce match. Pour nous c’était important de gagner, mais ça compte peu pour le championnat".
Le scudetto sera une affaire entre Milan et l’Inter ?
"Je mettrais aussi la Juventus et le Napoli. L’équipe de Conte peut bien faire potentiellement mais ils doivent encore trouver une identité, ça me rappelle le Milan d’il y a un an. Le Napoli a peu changé et reste très compétitif".
L’Inter sans Eto’o est plus faible ?
"Samuel est un joueur qui change les équilibres, ce sera une absence lourde. Mais il faudra voir par qui ils le remplaceront".
Aquilani au Milan et Pirlo à la Juve : qui est gagnant ?
"Pirlo est irremplaçable pour son caractère et sa personnalité, mais ce serait insensé et injuste de faire des comparaisons. Andrea a marqué une époque mais qui arrivera peut bien faire en interprétant le rôle dans une manière différente".
Aquilani est l’homme juste pour le Milan ?
"Il sera utile parce qu’il a des caractéristiques différentes par rapport aux autres milieux de terrain. A la Juve il a retrouvé une continuité et une intégrité physique, je ne vois pas pourquoi il ne ferait pas quelque chose de bien avec nous".
Vous aussi, comme Gattuso, espérez encore un retour de Kakà ?
"C’est une idée plus fascinante que probable. Logique que s’il revienne nous serons tous content : Kakà ne se discute pas, les problèmes physiques se dépassent et je ne suis pas d’accord avec ceux qui le considèrent sur le déclin".
Galliani veut la seconde étoile (20 scudetti), pour Thiago Silva le Milan peut gagner la Ligue des Champions. Dans quel camp êtes-vous ?
"La seconde étoile est importante mais au niveau de la fascination la Ligue des Champions n’a pas de comparaison. J’ai toujours rêvé de lever en tant que capitaine le trophée le plus important".
Mais en Ligue des Champions il y a Barcelone qui semble être une marche au dessus. Comment combler cet écart ?
"Jouer le match parfait en tirant le maximum de son courage. Le Barça est plus fort, inutile de tourner autour du pot, mais en deux matchs on peut battre tout le monde. Pour gagner il faudra aussi de la chance".
Aujourd’hui c’est le tirage des groupes : mieux vaut éviter le Barça ?
"Ce n’est pas dit. Vite l’affronter a une importance relative. L’Inter par exemple l’a rencontré, a perdu dans la phase de groupe mais a gagné la Ligue des Champions".
Pirlo est déjà parti et cette année il y a trois autres milieux (Ambrosini, Gattuso, Seedorf) de la vieille garde en fin de contrat : c’est la fin d’un cycle ?
(Rires) "Ca fait 15 ans que je suis ici et 10 que j’entends cette histoire. Qu’ils continuent ainsi à dire que nous sommes finis, ça ne fait rien d’autre que nous stimuler".
Vous ne trouvez pas usant pour vous joueurs, le choix du Milan de négocier les prolongations seulement à la fin de la saison ?
"Cette stratégie peut être stimulante d’un coté mais dangereuse d’une autre, parce que le Milan peut aussi perdre ses joueurs. Mais la società a décidé ainsi et nous ne pouvons que nous adapter".
Allegri a dit qu’avec Ibrahimovic, il se sert du bâton ou de la carotte. Comment se gère une personnalité aussi forte dans le vestiaire ?
"Zlatan a besoin de se sentir important, il a de la personnalité à revendre, mais ce qu’on ne souligne pas assez souvent c’est qu’il est un grand travailleur. Tout ce qu’il pourrait prétendre d’autre est directement proportionnel à ce qu’il donne".
Ibra est déterminant, mais si vous devez choisir un joueur dont le Milan ne pourrait se passer, vous direz…
"Thiago Silva. Il a une façon unique d’interpréter son rôle. Je ne voudrais jamais me passer de lui".
Cassano par contre semble renaitre. Le mérite revient aussi au vestiaire ?
"Ce qui se dit dans le vestiaire doit rester dans le vestiaire, mais je peux dire qu’Antonio a un potentiel de premier ordre, j’espère qu’il réussira à trouver la sérénité pour l’exprimer".
Ça sera l’année de l’explosion de Pato ?
"Pato a seulement 21 ans mais a déjà tant fait, plus qu’exploser il devra confirmer. Pour se faire il aura besoin de sa condition physique : les blessures l’ont toujours pénalisé".
Qui sera la surprise du Milan ?
"Abate. Même s’il n’est pas une vraie surprise, il a fait une saison incroyable, il est fiable mais peu sponsorisé. Je ne comprends pas comment il n’a jamais été appelé en Nazionale".
Quelle est la qualité qui fait d’Allegri un grand entraîneur ?
"Comme les grands Capello, Sacchi et Ancelotti qui ont donné une identité et la conscience de nos forces. C’est la chose la plus importante, c’est ce qui sert pour faire un saut de qualité. Et puis ça lui plait de bien jouer au football, ce qui n’est pas dommageable".
Donc Allegri vous a conquis, même s’il vous voit plus central que mezzala et qu’il vous enlève donc la joie du but…
"Allegri sait quels sont mes caractéristiques. Je dirais que le fait de pouvoir jouer dans deux positions est un avantage pour moi et pour l’équipe. Mais les buts me manquent, inutile de le nier. Je me rappelé de ma bicyclette en Coppa Italia – contre la Fiorentina en 2001 - probablement le plus beau. Voila, ça me plairait d’en faire une en championnat".
La Serie A a perdu Pastore, Eto’o et Sanchez. Nous devons nous résigner à l’idée d’être devenu une Serie B européenne ?
"Galliani a raison, les autres ont plus d’argent et ces départs en sont le résultat. Mais nous ne sommes pas si hors-course, maintenant un joueur a plus de choix qu’auparavant".
Ces derniers jours s’est posée la question de la contribution de solidarité et Calderoli (Ministre de la simplification des lois) a parlé de joueurs pourris gâtés.
"Ce sont des attaques fastidieuses et injustifiables, parce que aucun d’entre nous avons dit ne pas vouloir payer. Maintenant c’est devenu une habitude en Italie d’attaquer notre catégorie, mais ce n’est pas juste de nous trainer dans la boue d’une façon gratuite. Je n’accepte pas les leçons de morales de Beretta et Calderoli. Nous n’avons jamais rien dit, nous sommes disposés à affronter la question d’une façon sereine, mais il y a quelqu’un qui cherche à détourner l’attention sur l’autre et qui cherche à les monter contre nous. Ceux qui parlent de joueurs pourris gâtés sont peut-être les premiers à prendre le téléphone pour demander des billets".
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