| Le football du XXI° siècle mondialisé : Milan, symbole de résistance ou mouton dans la masse ? | ||||
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Obligation de résultats diront les uns, mais que fait-on des jeunes issus des centres de formation rétorquent les autres : le football moderne cherche un moyen de légitimer ce qui semble être inéluctable dans le sport : une globalisation qui nous amène à la mise en place progressive mais bien installée d’une culture dominante, avec un diktat des sponsors et de l'audience, de la victoire à tout prix : est-ce vraiment cela le football que nous aimons ? Après tout jouer ensemble c’est créer d’invisibles liens appelés solidarité, fierté et amour du maillot non ? Mais peut-on encore concevoir le ballon rond comme la simple interaction entre talent individuel et capacité collective ?
Avant toute chose il faut observer et etre le plus juste possible pour cela un tour d’Europe s’impose : l’actuel leader de la Serie A joue sans aucun italien dans son équipe. Le leader de la Premier League, sans aucun joueur né en Angleterre. L’Inter et Arsenal sont à l’image excessive de cette invasion de footballeurs étrangers dans les championnats européens, 55 % des joueurs. Au Bayern de Munich, en Bundesliga, il a autant d'allemands (12) que d’étrangers.La FIFA essaie d’empecher cette globalisation radicale en proposant une limite de cinq étrangers par club dès 2010. Son président, Joseph Blatter, affirme que chaque équipe doit aligner au minimum six footballeurs nationaux.Mais cette bonne intention se heurte à la législation européenne, qui affirme que la réglementation du travail est la même que ce soit pour les footballeurs ou pour le reste des travailleurs. Pour Michel Platini, président de l'UEFA, le projet de Blatter est irrealisable. « Il n'y a pas de base légale. Le mouvement libre des travailleurs est la règle principale en Europe ", a-t-il affirmé. En 1995, le Tribunal européen, avec l’arret Bosman, a décidé que les limites aux footballeurs étrangers étaient illégales.Dans le calcio, des joueurs comme Pirlo défendent la theorie selon laquelle la presence massive de joueurs locaux augmentent la solidarité sur le terrain. « La meilleure epoque en Italie a été à la fin des années 80 et au debut des années 90, quand le noyau des équipes était italien », explique Gianfranco Zola, ex-international azzurro. L'Association des footballeurs italiens a fait part de ses griefs contre la prolifération des multinationaux, mais ses protestations sont tombées dans l’oreille d’un sourd. Milan et la Juventus conservent une partie de leurs racines, pendant que l'Inter est l’arche de Noé. Seuls Toldo et Materazzi, « parlent italien » dans une equipe au fort accent sud-americain : cinq joueurs argentins, deux Colombiens, un brésilien et un Chilien. Roberto Donadoni, selectionneur de la Nazionale et ex-milanista avait lui-même declaré qu’il y avait trop d’etrangers en Serie A et qu’il faudrait une limite à 5 par clubs ! Que dire de l’Angleterre où le marché pèse de plus en plus sur les traditions. Les étrangers doivent depasser quelques restrictions avant de pouvoir profiter de la Premier League, comme appartenir à une sélection classée dans les 70 premières de la classification FIFA. Ce sont d’abord les entraîneurs (Mourinho, Benítez) qui ont révolutionné un terrain réservé aux Anglais. En Italie, les entraineurs restent encore tres majoritairement des nationaux reconnus pour leurs competences et leur passé de joueurs (la tradition perdure). Pour la première fois dans l'histoire de la Ligue anglaise, le nombre de footballeurs étrangers (330) depasse celui des nationaux (260). Le championnat est un creuset de 67 nationalités. Arsenal melange des joueurs d'Espagne, de Hollande, du Brésil, du Danemark, du Togo, du Cameroun, de l'Allemagne, de la Suisse, de la République tchèque, de la Biélorussie et de la France. Tout cela met le secrétaire d'État aux sports dans tout ses emois : "Il faut mettre une halte à cette invasion, la situation est insoutenable, non seulement dans l'élite, mais aussi dans les divisions inférieures. » « C’est triste pour l'avenir du football Anglais et la sélection », dit l'ex-ministre Richard Caborn, qui a tenté sans succès de faire approuver au Parlement une loi pour reglementer le nombre d’etrangers. Le plus préoccupé est le selectionneur anglais, Steve McLaren qui a déjà prévenu du manque de jeunes talents pour les années à venir. "La clé est de trouver un équilibre", suggère Zola.Benítez a recruté 5 Anglais à Liverpool pour 23 étrangers, Chelsea dispose de 17 etrangers pour 7 nationaux, et la proportion à Manchester United est de 18-9. Chez les supporters trop souvent la carte d’identité n'importe pas "si les joueurs sont bons". Les coachs subissent une pression de tous les jours pour que leur equipe soit la meilleure. « Arsenal est Anglais, mais les gens aiment les meilleurs sur le terrain. Et maintenant ils ne sont pas anglais, mais espagnols, brésiliens... il faut juste bien jouer » dixit Arsene Wenger. Qu’est ce que cela signifie ? Peut-etre aussi qu’on a pas eu l’occasion de montrer au public les perles des centres de formation partis en prêt ou vendu ? Que les nationaux sont devalués ? En Espagne, le pourcentage d'étrangers dans en Liga est de 34,3% soit 2,5% de plus que l'année dernière. Le leader est le Real Madrid avec un pic à 10 joueurs etangers dans le 11 de de part, et Barcelone avec huit etrangers dans le onze. Si il est encore possible de préserver les valeurs premieres du calcio alors prenons le probleme à bras le corps : les ardents defenseurs de la cause diront que le football est puissant facteur d’unification de la race humaine c’est beau l’eloquence mais il faut aussi regarder la realité : on tue un sport noble à petit feu, on fait mourir des selections nationales qui perdent de leur splendeur et de leur interet aux yeux des joueurs qui ne vivent plus que dans le regard de leur clubs et de la concurrence qui y regne ! Si on prend l’effectif 2007-2008, Milan compte 13 italiens, 8 bresiliens, 8 autres (France, Republique Tcheque...) Milan a connu a des vagues migratoires pourrait-on dire : De 1986 à 1987, Silvio Berlusconi s’installe à la tete du club et en gardant le canevas italien initial, il prend dejà ses marques : Daniele Massaro et Pietro Paolo Virdis les armes offensives italiennes, en sont un peu eclipsés. Giovanni Galli, Franco Baresi, Paolo Maldini, Alessandro Costacurta , Mauro Tassotti; Roberto Donadoni, Angelo Colombo, Carlo Ancelotti; en attaque les hollandais revolutionnent tout : Marco van Basten- Ruud Gullit. Les titres s’enchainnent pour le meilleur et l'equilibre : 9 italiens/11 joueurs Les arrivées vont se succéder et la spirale ne sera pas toujours aussi positive en Lombardie : 1988-1989 voit l’arrivée de Frank Rijkaard Italien : Marco Simone 90-91 : Sebastiano Rossi 92-93 : Jean Pierre Papin, Zvonimir Boban, Dejan Savićević Italiens : Stefano Eranio, Gianluigi Lentini 93-94 : Brian Laudrup, Florin Răducioiu, Marcel Desailly. Italiens : Panucci, Orlando, Di Canio 95-96 : Weah, Vieira Italiens : Baggio, Ambrosini Le onze type : Rossi, Panucci, Costacurta, Baresi, Maldini, Albertini, Desailly, Eranio (Donadoni), Savicevic, Baggio, Weah (Simone) : 8 italiens titulaires/11 96-97 : Dugarry, Edgar Davids, Michael Reiziger, Jesper Blomqvist Italien : Pietro Vierchowod 97-98 : Christian Ziege, Ibrahim Ba, Patrick Kluivert, Winston Bogarde, Steinar Nilsen, Andreas Andersson, Leonardo Italien : Filippo Maniero 98-99 : Oliver Bierhoff, Thomas Helveg, Jens Lehmann, Roberto Ayala, Bruno N'Gotty, Andres Guglielminpietro. Italiens : Federico Giunti, Luigi Sala, Abbiati Onze type : Abbiati; Sala, Costacurta, Maldini; Helveg, Albertini, Ambrosini, Guglielminpietro; Boban (Leonardo), Bierhoff, Weah : 6 italiens titulaires 99-00 : Andriy Shevchenko, José Antonio Chamot, José Mari, Taribo West, Serginho Italien : Gattuso 2000-2001 : Fernando Redondo, Dida 2001-2002 : Rui Costa, Javier Moreno, Cosmin Contra Italiens : Inzaghi, Pirlo, Brocchi Onze type : Abbiati; Contra, Costacurta, Laursen, Kaladze; Gattuso, Albertini, Serginho; Rui Costa; Shevchenko, Inzaghi : 5 italiens titulaires/11 2002-2003 : Rivaldo, Seedorf, Tomasson Italien : Nesta 2003-2004 : Cafu, Kaka Italien : Pancaro 2004-2005 : Jaap Stam, Hernán Crespo, Vikash Dhorasoo 2005-2006 : Marek Jankulovski, Johann Vogel, Amoroso Italiens : Gilardino, Vieri Onze type : Dida, Cafu, Nesta, Kaladze, Maldini, Pirlo, Gattuso, Seedorf, Kaka, Shevchenko, Gilardino : 6 italiens titulaires/11 2006-2007 : Gourcuff, Ricardo Oliveira, Ronaldo Italiens : Bonera, Oddo 2007-2008 : Pato, Emerson Onze type : Dida-Oddo,Nesta, Maldini, Jankulovski, Pirlo, Gattuso, Ambrosini, Kaka, Seedorf, Inzaghi : 7 italiens titulaires/11
Apres avoir commencé en douceur son ouverture vers l’exterieur avec son trio hollandais à la fin des années 80 et des touches judicieuses vers l'Est, Milan s’est perdu dans une politique “bresilienne” ces dernieres années au peril d’un vivier de jeunes tres prometeur comme ce fut le cas dejà depuis longtemps ( Lino Marzoratti, Davide Di Gennaro, Massimo Donati......) : que dire du cas Abbiati aurait-il du changer de passeport ? Les resultats du clubs et ses benefices s'en sont pas non plus plus brillants !Il est bien loin le temps où les footballeurs effectuaient presque toute leur carrière dans la même formation. Jusqu'au début des années 90, ceux qui s'aventuraient en dehors de leur région et mieux, hors de leurs frontières, faisaient figure de «pionnier»….. Commentaires (0)
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