| Les grands débats d'ACM-Z : Les Ultras, passionnés ou acharnés ? | ||||
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« Verità per Gabriele », « Verité pour Julien » : 1 ans separe les deux slogans brandit comme un etendard par les ultras mais le drame est le meme. Un vie perdue pour rien, pour s’etre trouvé au mauvais endroit au mauvais moment avec une meme passion comme point de depart : le football. Nous ne sommes pas dans l’univers dans de John King mais bien dans la realité : ces jeunes gens sont comme vous et moi, durant leur enfance ou leur adolescence, ils ont été vont voir des matchs avec des amis, se sont abonnés, sont devenus accros puis de la simple tribune laterale sont passés au virage qui exerce un pouvoir de fascination sur plus d’un pour son ambiance si speciale : cet espace large où regne une seule loi celle des habitués, celle des tifos, celles des chants et où on y trouve faisant corps des hommes, des stadiers et des forces de l’ordre. Puis certains se « cartent » comme on dit, en rejoignant un groupe par etat d’esprit et par conviction mais il faut s’investir si on a envie de devenir un membre actif. Comme dans toute "confrerie", il faut aussi accepter de se plier à certaines règles : objets, tenue vestimentaire : il existe des codes, une ligne directrice. Parfois complexes, parfois obscurs pour des non initiés, le mouvement ultra est à multiples tiroirs et ACMZ se propose d’en ouvrir quelques uns.
1) Honneur et respect : des valeurs en perte de vitesse ? Les Ultras se presentent comme des associations structurées s’investissant dans le soutien au club, c’est le modele de supporterisme importé d’Italie. A la base on entre dans un groupe ultra comme on entre en religion : c’est un choix, une motivation, une volonté de vouloir defendre un groupe et ses valeurs pour mieux porter celles de son club. La ferveur peut unir de 300 à plus de 3000 membres : prêt à faire des deplacements d’Espagne au Japon meme si leur bourse est limitée. Que l’on se trouve en France avec les Boulogne Boys, les Lutece Falco ou en Italie avec les Brigate Rossonere et plus anciennement les Fossa dei Leoni, les groupes ultras sont théoriquement financièrement indépendants du club qu'ils soutiennent. Ils s'autofinancent par différents moyens, chaque groupe ayant son style de financement : vente de materiels (echarpes, cartage, tee-shirt, vente de fanzine…), organisation des deplacements ou valorisation à travers des initiatives caritatives (operation 1 place, 1 jouet avec le Secours populaire, journée de soutiens à Vaincre la mucoviscidose pour les Ultras parisiens). Dans une tout autre mesure, digne de PME bien organisées, les Irreducibilli (Lazio) eux poussent leur buisiness jusqu’à avoir plusieurs boutiques officielles où ils vendent billets et materiels divers, comme on peut le voir aussi à Marseille où les groupes de supporters gerent la billeterie du club. Une partie de la mouvance Ultra estime que ces groupes s'éloignent de la mentalité originelle et de l'opposition au "Foot Buisness".Les groupes crient pourtant à qui veut l’entendre qu’ils se sont battus pour que les virages restent populaires et accessible à tous mais la politisation à outrance qu'elle aille de l’extreme gauche à l’extreme droite a crée des tensions internes qui declenchent des luttes intestines loin des preoccupations footballistiques et de l’envie pour un public de « base » de venir gouté à l’adrenaline des farandoles et autres sensations des matchs debouts. Les capi et leurs megaphones, ont de plus en plus de mal à imposer leur autorité sur une foule dont la discipline laisse à desirer et dont l'interet d'adherer se trouve plus dans un effet de mode que dans un desir de perpetuer les traditions des "historiques". Un vrai prisme sociologique, celui d'une societé qui se perd en mal de reperes.
2) Les derives : hooliganisme et independants. 23 novembre 2006, PSG-Hapoel Tel Aviv comptant pour la Coupe de l’UEFA : Julien Quemener, 25 ans, est assassiné dans des circonstances troubles par un policier. C’est le premier mort dans un incident autour des stades depuis le debut des mouvements ultras au milieu des années 80 en France. Hier, 11 novembre 2007, Gabriele Sandri, 28 ans, laziale qui venait à Milan pour voir le match Inter-Lazio a vu son voyage se terminer à la station service d’Arezzo où dans une voiture avec des amis il a reçu une balle perdu d’un policier. Le jeune DJ s’est vidé de son sang. C'est l'etat d'urgence et la sonnette d'alarme est tirée depuis longtemps ! Entre institutionnalisation et radicalisation, les Ultras balancent : le refus de toute discussion ou l’acception d’un dialogue responsable, se poser en victimes eternelles ou denoncer les derives du football moderne : choix cornelien. Quand on ecoute par ci par là les avis des uns et des autres, la violence est souvent vue comme un element festif presque banale ! Dans le milieu, un groupe doit savoir se faire respecter et cela fait parti du bapteme du feu : « Si vous enlevez la violence, vous n’etes plus ultra » vont jusqu’à proclamer certains. Alors qu’auparavant, on tapait un peu sur n’importe qui maintenant la tendance est à se retrouver à l’exterieur des stades pour en decoudre. Et la reputation ne peut pas se construire uniquement par les chants et les tifos ? Les fameuses sorties sur l’autoroute ont donné le ton : de la violence spontanée, on est passé à la violence organisée. La mutliplication des deces resultent aussi d’une situation de detresse des deux cotés de la barriere : des policiers paniqués courant et frappant à la vue d’une echarpe Ultra et reciproquement des Ultras à la recherche permanente d'affrontements. Encore faut-il eclaicir certains points : un ultra n’est pas un hooligan qui lui meme n’est pas un independant : petite explication meme si ils peuvent occuper le meme virage, aucun des 3 n’a les meme interets. Le second pour faire cliché aime se faire remarqué apres la tournée des bars. Souvent le fauteur de trouble des stades est un "indep" lui cherche avant tout les fights pures et dures, loin de la police et de tout public mais ne s’interdit pas des debordements interieurs si « l’ennemi » le provoque. Exilé de toute mouvance, il veut garder son independance. Alors on nous a beaucoup dit que le mouvement italien est en crise mais il a de l’orgeuil et comme tout corporatisme et quand l’un des leur est touché, repond à l’instinct : En fevrier dernier, lors du deces du policier Filippo Raciti, l’emotion a été immense et la Ligue italienne ainsi que le gouvernement ont fait part de leur indignation en suspendant toutes rencontres. Mais là rien ! On constate, on retarde les matchs de 10 minutes parce que la mort d’un tifoso a moins de valeur ? Voilà comment le message est interpreté quand la nervosité et le climat de tension regnent. La LFP décidait de reporter la rencontre PSG –Toulouse en 2006 mais laissait Nantes-PSG ce qui avait provoqué des emeutes au camps des Loges ! Faire interrompre un match, casser des vitrines c'est un defi à la hauteur de l'evenement parce que pour un ultra, un homicide commis par un policier est toujours volontaire ! C'est fou mais c'est comme ça dans la psychologie du personnage : la reaction est epidermique, non raisonnée. Le mouvement en France et en Italie sont de tout de meme different : le deuil parisien a sucité des envoies de couronnes de fleurs de groupes Ultras de toute l'Italie et des banderoles de soutiens : beau symbole de solidarité mais chez ces derniers, tous les ultras peuvent s'unir d'une autre façon et montrer leur determination face a la police avec une violence inoue : il n'y a plus alors de rivalité entre groupes tous font front et sont unis et dans la meme direction pour le pire ! Alors qu'en France suite au drame de l'an passé, la grande union des ultras français promise n’a jamais eu lieu : pas d’action commune hormis quelques banderolles dont les autorités se moquent eperduement : il aurait pourtant eté judicieux et poser de mettre tout sur la table sans gants de boxe !
Quelques evenements franco-italiens qui ont marqué ces 20 dernieres années :
- le 4 juin 1989 - Avant Milan-Roma Antonio De Falchi, un supporter giallorosso de 18 ans, meurt. De Falchi arrive au stade avec trois amis : une vingtaine d'ultras milanais tentent de les attaquer et pendant sa fuite De Falchi est terassé par un arrêt cardiaque. Des trois supporters milanisti jugés, un seul fut arrêté et condamné à 7 ans de réclusion. -En aout 2007, les milanais etaient interdits de deplacement à Genes suite au tragique evenement il y a douze ans, lors de la dernière confrontation entre les deux clubs, où Vincenzo Spagnolo un jeune fan de Genoa fut poignardé par un ultra milanais. -La rencontre Juventus – Fiorentina en 2005 en Coupe d’Italie est marquée par des affrontements où les forces de l'ordre avaient dû charger à plusieurs reprises. Le stade étant envahi par les gaz lacrymogènes, le match avait été interrompu pendant une demi-heure. Fabio Capello avait tenté de minimiser : "Si nous ignorons ces messieurs, ils arrêteront de faire ce qu'ils font » et Adriano Galliani, alors président de la Ligue lachait un : "Je n'entends pas donner de la publicité à ces choses » -Avril 2005 : le jet d'engins pyrotechniques sur la pelouse de San Siro pendant le derby Milan AC - Inter, en Ligue des champions, sur le gardien du Milan AC Dida qui avait été blessé, avait provoqué l’arrêt du match. -AS Roma - Dynamo Kiev en septembre 2004 : match interrompu après que l'arbitre eut été frappé par une pierre lancée des tribunes. -En mai 2004, au cours du match Inter-Atalanta, un scooter fut lancé depuis les tribunes supérieures de San Siro. - 28 août 1993 : à l’occasion d’un match contre Caen, au Parc, des supporters chargent des CRS ; 10 blessés, un grièvement.
Les Ultras refusent le modele britannique : une augmentation des abonnements ou du prix des places cinq fois plus chere. Ils veulent garder un football « populaire » qui n’exclut pas et accusent les medias de les amalgamer aux hooligans. L'Italie compte environ 1500 interdits de stade et le PSG à lui seul en France 76. Le pointage au commissariat pendant les matchs instauré semble respecter au gres du vent. Les stades de Premiership ont été pacifiés mais les 3462 arrestations liées en au football en 2006 montrent que les violences sont encore frequentes et eloignées des stades loin des videosurveillances : le deplacement de ces violences dite de « firms » en D2 a fait monté les interdictions de stade à 1219 contre 1002 en premiere division ! D’autant plus que plus que selon leur propre termes le football est vu comme une « experience individuelle orientée vers la consommation » : voilà comment outre –manche on conçoit le football et la clientele qui vient au stade. On peut trouver un juste milieu où le rituel collectif a toute sa place dans le charme du football. La dissolution des groupes, la fermeture de tribune ou la neccesité de jouer à huis clos s'impose t-elle ? La premiere solution serait absurde car on n’encadre plus les supporters et les plus violents vont constituer des firms definitivement incontrolables. Et concernant les 2 autres, on condamnerait tous les supporters d'un virage meme si certains n'y sont pour rien : le football ne serait plus un spectacle mais une prison dorée ! Il faut avant tout augmenter les moyens à disposition des forces de l’ordre et moderniser les stades car il y a beaucoup de retard : les escortes policieres tentes de limiter les degats : 800 à 2000 policiers mobilisés pour de grands matchs à risques mais on est encore loin d’une generalisation du systeme qui consiste pour eviter la rencontre entre supporters adverses, à faire venir obligatoirement les visiteurs en cars de clubs de supporters plusieurs heures avant dans leur parcage. On peut aussi ajouter les billets nominatifs, les portiques automatiques avec lecteurs optiques et la l'interdiction reelle des des debits d'alcool pres ou dans les stades qui, on ne le dira jamais assez chez certains individus a un effet devastateur ! Le combi car-ticket obligatoire pour les depacements evoqué plus haut, existe dejà en Belgique et pour des matchs à haut risque en France (PSG-OM) avec de bons resultats à la clé. Puisqu’une escorte policiere prend en charge le tout à l’arrivée au stade : les caillassages de bus de joueurs ou les rixes s’en sont vu limtées. Bien sur en Italie, les Curve se sont revoltées contre le "tout represif" à l'image du "decret Pisanu" du 27 juillet 2005 qui a pourtant fait baisser le nombre des incidents mais pas assez et a fait persister une atmosphère délétère dans les tribunes qui a contribué à la désaffection du public. Cette législation a permis l'installation de nombreuses caméras de surveillances dans et autour des stades de football et tous les billets vendus correspondent désormais à un numéro de siège, afin de lutter contre le hooliganisme : probleme dans encore beaucoup de stade, ceci reste lettre morte et on attend l’application. Les institutions devraient peut-etre sevir. Les joueurs aussi sont concernés car ils sont menacés sur le terrain dans leur intégrité physique et morale face à ces fauves : Clarence Seedorf a refusé de mettre le brassard noir parce qu’il ne connaissait pas la victime et le contexte du drame certes. Bonaventure Kalou lui l’an passé avait declaré maladroitement« Je suis abasourdi que les gens attendent la mort d’un homme pour se rendre compte qu’il y a des supporters racistes et antisémites à Paris ». Le retour de baton avait été terrible. Les joueurs comme tout homme reagissent differement : oui le racisme existe dans les stades et mine de l’interieur des clubs et on doit lutter pour eradiquer ce fleau. Certaines banderoles Ultras ont dejà été saisies pour des propos ou symboles à caracteres racistes : le combat n'est pas gagné mais il est en cours. Pour que des images d’emeutes comme celles de l’Olimpico ne soient plus que du passé, pour que les « LIBERTA PER GLI ULTRA » ou « Liberez nos camarades » qui ornent les stades cessent d’etre des declarations hypocrites, pour que les familles et les anciens oui ceux qui aiment le football depuis tant d’années et qui ne se reconnaissent plus dans l’image qu’on donne des supporters, plus fanatique que derriere son equipe, plus porteurs de cercueil que de joie : vite oui vite la notion de securité doit redevenir la priorité car il n’existe pas de zone de non-droit ! Commentaires (0)
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